En France, l’islamophobie institutionnelle progresse, alimentée par une instrumentalisation de la laïcité qui contribue à un climat d’exclusion des musulmans des espaces publics et politiques. Fermetures de mosquées, expulsions d’imams, dissolutions d’associations ou encore gels des avoirs de structures et de personnalités musulmanes : sous prétexte de lutte contre le « séparatisme », un contrôle et une criminalisation accrues des expressions religieuses et culturelles des musulmans se sont installés. Les musulmans sont présentés comme des ennemis de l’intérieur, une construction nourrie par l’extrême-droite dont les discours complotistes sont repris et légitimés pour justifier des traitements discriminatoires.
Cette politique répressive s’accompagne d’une marginalisation ciblée des femmes musulmanes. Interdictions du voile à l’école, au travail, à la piscine, à la plage, et bientôt dans le sport : le contrôle du corps des femmes musulmanes est devenu un enjeu politique majeur. Présenté tantôt comme un outil d’oppression à combattre, tantôt comme une menace à l’ordre public, le voile est un prétexte à leur exclusion de l’éducation, du travail et des espaces publics. Ce discours paternaliste et sexiste nie leur agentivité et les maintient dans une position d’infériorité sociale et politique.
L’islamophobie et le racisme ne s’arrêtent pas aux frontières de la France : ils influencent aussi le traitement du génocide en Palestine. La déshumanisation des Palestiniens et la répression des mobilisations de soutien s’inscrivent dans une logique coloniale et islamophobe. Depuis le 7 octobre 2023, la solidarité avec Gaza est criminalisée : manifestations interdites, violences policières, répression des mobilisations étudiantes et sanctions disciplinaires dans les universités. Les Palestiniens sont assimilés à des terroristes, justifiant ainsi la violence à leur encontre.
Ce racisme structurel touche aussi les migrants. Les politiques européennes et nationales renforcent le contrôle des frontières, augmentent le nombre de morts dans la Manche et en Méditerranée et accélèrent les expulsions. L’évacuation violente de la Gaîté Lyrique le 18 mars, après son occupation par environ 400 jeunes migrants laissés sans solution d’hébergement, en est une illustration brutale. La précarité et la répression ciblent particulièrement les corps racisés, dans une logique de contrôle et de hiérarchisation sociale.
Face à cette répression, il est temps de s’organiser. La jeunesse doit porter le projet d’une société fondée sur la justice et la dignité. L’urgence de la situation impose une réponse collective : plus de concessions face à cette stratégie de contrôle et de division. Il est temps de construire un front commun antiraciste, sans compromis, rassemblant les forces politiques, syndicales et associatives. Pour la justice et pour la dignité : le 22 mars, marchons ensemble.

