Paris, le 25 avril 2025
L’islamophobie tue, et les complices sont nombreux.
Le vendredi 25 avril, Aboubakar CISSÉ, jeune fidèle de 22 ans de la mosquée de La Grand-Combe, a été assassiné dans des conditions d’une violence insoutenable par un individu qui lui a infligé jusqu’à une cinquantaine de coups de couteau.
Nous présentons nos plus sincères condoléances aux proches d’Aboubakar CISSÉ ainsi qu’à toute la communauté musulmane de La Grand-Combe, profondément choquée et meurtrie par cet attentat islamophobe.
Cet acte n’est pas un fait divers ni un acte isolé : c’est une attaque qui s’inscrit dans un climat islamophobe qui frappe la communauté musulmane, aussi bien au niveau individuel que structurel. Être musulman en France, c’est se voir refuser l’accès à l’école ou à l’emploi parce qu’on porte un voile ou une barbe. C’est risquer l’insulte ou l’agression dans la rue. C’est être perquisitionné ou expulsé, simplement parce qu’on est imam. C’est se retrouver marginalisé, parce que les associations de lutte contre l’islamophobie ont été dissoutes. C’est être assassiné au sein même de sa propre mosquée.
Nous déplorons, sans grande surprise, la lenteur, la timidité, voire l’absence de réaction d’une large partie de la classe politique et médiatique face à cet assassinat, cette même classe qui sait pourtant se montrer si prompte à s’attaquer à la communauté musulmane. Et parmi ceux qui s’expriment aujourd’hui, nombreux sont ceux qui, à droite comme à gauche, portent une lourde responsabilité : par leurs discours, leurs décisions politiques et leur rôle actif dans la banalisation de l’islamophobie, ils ont largement préparé le terrain à cet acte.
Si la lutte contre l’islamophobie relevait déjà de l’urgence, ce drame nous rappelle la nécessité d’intensifier nos mobilisations, de rester unis et sans concession face à ce fléau, qu’il soit activement perpétré ou passivement toléré.

