Le 21 mai 2025, le rapport commandé par le gouvernement sur les Frères Musulmans a été présenté en Conseil de Défense.
Truffé d’approximations et d’interprétations fallacieuses, ce rapport s’inscrit dans une logique préoccupante de stigmatisation, de criminalisation et de répression ciblant des personnes et des structures musulmanes engagées dans la défense de leur dignité et de leurs droits. Depuis vingt ans, les qualificatifs se succèdent pour désigner et délégitimer la communauté musulmane. Aujourd’hui, c’est le prétendu « frérisme » qui sert de nouvel outil d’accusation à l’encontre des musulmans de ce pays. En France, être musulman et s’engager dans une association, porter un voile, dénoncer l’islamophobie ou défendre les droits du peuple palestinien suffit désormais à éveiller les soupçons. Les musulmans tendent ainsi à être de plus en plus désignés, implicitement ou explicitement, comme des ennemis de l’intérieur.
De plus, le choix de présenter ce rapport peu après l’assassinat d’Aboubakar CISSÉ et les mobilisations qui ont suivi interroge. En effet, le gouvernement semble chercher à étouffer la lutte contre l’islamophobie et à réimposer un récit stigmatisant et sécuritaire.
Ce rapport accuse, sans preuves ou à l’aide de raccourcis peu rigoureux, plusieurs structures dont EMF d’appartenir à la mouvance des Frères Musulmans. Nous tenons à affirmer que nous ne sommes liés ni de près ni de loin à cette organisation. Cette accusation infondée vise à discréditer le travail des structures identifiées comme musulmanes et s’inscrit dans un narratif raciste, islamophobe et complotiste que nous dénonçons fermement.
EMF est une association étudiante régie par la loi 1901, indépendante et apartisane. Présente dans 25 villes universitaires en France (et non 10, comme indiqué dans le rapport), EMF agit grâce à ses centaines de bénévoles contre la précarité étudiante, pour l’accès à la culture et contre les discriminations. L’association est transparente, démocratique et pleinement engagée auprès de tous les étudiants, sans distinction d’origine, d’appartenance religieuse ou de genre.
Ce rapport est dangereux et favorise la libération d’une parole et de propositions islamophobes. Les propos de l’ancien Premier ministre Gabriel ATTAL, qui appelle à étendre l’interdiction du port du voile dans l’espace public et à créer un délit de communautarisme, en sont une illustration préoccupante.
Face à ce rapport, aux mesures islamophobes qui l’ont précédé et à celles qui risquent de lui succéder, nous réaffirmons l’urgence de constituer un front uni. Malgré les mensonges et les attaques, EMF poursuivra son travail et assumera pleinement son rôle dans cette lutte pour la justice et la dignité.

